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Par delà
les invectives, les conflits et autres algarades si publiques qui animent la vie
sociale, ses principaux acteurs - leaders syndicaux et patronaux - se retrouvent
dans le calme d'une association - Réalités du Dialogue social - pour dialoguer,
en hommes de bonne volonté. Enquête sur un réseau à bénéfice ajouté !
Bruyante, colorée, la vie sociale médiatisée est spectaculaire. Il en est une
autre plus feutrée, plus constructive aussi. C'est celle qui favorise le dialogue
et les échanges de vue, en dehors des estrades et fait avancer le progrès.
Depuis dix ans, chez Réalités du Dialogue Social, des acteurs sociaux abandonnent
banderoles et langues de bois et se retrouvent pour débattre, discuter, le temps
d'un petit-déjeuner, d'une matinée... Au menu la crise du syndicalisme, les 35
heures, la représentativité autant de thèmes qui collent aux questions d'actualité.
Discussion de salon entre gens de bonnes compagnie? Loin de là assure Pierre
Vial de la confédération générale des cadres de la CFDT, "par exemple, notre groupe
d'étude qui réunissait DRH, responsables syndicaux et membres ministériels, sur
les 35 heures, a fait avancer le volet sur le temps de travail des cadres qui
était alors en friche. On n'est pas dans le jeu de théâtre et d'ombre des négociations
officielles. Les participants n'ont pas de mandat de leurs organisations, du coup,
les enjeux de pouvoir et les pressions sont moindres, on s' exprime plus librement.
estime Jean-Pierre Chaffin, Président de la Fédération de la métallurgie CFE-CGC,
qui ajoute : l'association est un outil de veille qui permet de sentir le
vent, de tester ses idées et surtout de préparer le terrain des discussions
à venir. | |
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Le réseau d'un homme Une
opinion largement partagée par René Ruols l'homme qui a créé ce lieu de paroles,
le père de l'association. Le consensus est le résultat d'un conflit, pas le
préalable. Lorsqu'il fonde RDS au début des années 90, cet ancien syndicaliste
de la CFDT, veut faire sortir le débat social des murs de l'entreprise, quitter
les lieux de lutte mais pas les abolir. "L'idée était de créer un espace de discussion
qui permettrait de mieux se connaître où on apprendrait à s'apprécier plutôt que
de se suspecter, afin de faciliter la négociation sur le terrain. Comment
réussir à rassembler ces acteurs que tout oppose ? René Ruols a sa méthode ou
plutôt ses amis. Il puise dans son carnet d'adresse pour organiser les premières
réunions et érige en système le principe de convivialité. Issus de tous les horizons,
de Danone à la CGT en passant par l'ANPE, les adhérents ont aujourd'hui encore
tous en commun un esprit d'ouverture et d'écoute cher à leur président. Je
ne veux ni langue de bois ni personnes résolument anti-sociales ou anti- patronales.
Membre depuis peu, Bernard Maurin de la direction de la relation du travail,
s'étonne de l'esprit que parvient à faire régner René, quand je ne viens
pas à une réunion, il m'écrit vous m'avez manqué, il a un côté affectif extrêmement
sympathique. La force de Rds est aussi son talon d'achille. Tenue à
bout de bras par la seule volonté de son président, l'association souffre de parisianisme
et de l'absence de représentants de pme. Trop centrée sur les grandes entreprises,
elle gagnerait à s'ouvrir davantage sur le monde des petites dans lesquelles la
situation progresse en matière de relations du travail, souligne Robert BUGUET,
président de la CAPEB et patron d'une pme à Joinville. C'est bien connu, qui
se ressemble s'assemble s'amuse Christian Dufour, c'est dans les grosses
boîtes que les syndicats sont les plus présents, logiquement le réseau de Ruols
est composé de ces gens. Conscient des problèmes que pose ce centralisme,
Ruols commence à envisager sa succession. Il serait bon de changer de personnage,
quelqu'un de plus neutre, comme un consultant permettrait d'élargir les horizons
de l'association admet-il. Mais le futur président de Rds sera un homme
de progrès et d'écoute, comme l'ensemble des adhérents.
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