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Les 35 heures ont du mal à passer |
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Au mois de
janvier les entreprises de moins de 20 salariés (TPE et PME) devront adopter les
35 heures. Un passage délicat et souvent difficile. Comme en témoigne le dossier
du Figaro entreprises du lundi 3 décembre.
Il était un avant-gardiste
des 35 heures. Max Alunni, PDG d'Albax, déchante aujourd'hui. Dès avril 1999,
ce carrossier de la Côte d'Azur raconte le
Figaro, a réorganisé la production de son entreprise autour de la réduction
du temps de travail : salaires maintenus, 10 heures d'activité par jour sur trois
jours et demi, et des repos de plus de 5 jours consécutifs. En bref, un travail
quotidien plus long contre une semaine plus courte. Deux ans, après ce chef d'entreprise
est tombé de haut. Travail au noir, absentéisme galopant, baisse de motivation
et climat social dégradé se sont vite fait sentir. La marge nette de la société
est tombée de 3% à 0,5% en 2000. Aujourd'hui, Max Alunni, a repensé une nouvelle
fois l'organisation de ses ateliers : ses salariés travaillent désormais 35 heures
sur 5 jours, soit 7 heures par jour. Un accord moins avantageux pour les employés
mais gagnant-gagnant du point de vue de l'entreprise.
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Passage
obligé Les
PME (Petites et moyennes entreprises) françaises goûtent quotidiennement la difficulté
de changer de mode d'organisation. Adeptes et militants de la réduction du temps
de travail se heurtent eux aussi à la réalité du changement dans leur petite
structure. Le figaro relate encore le témoignage de Philippe à la tête d'une petite
société d'électronique qui était parti battant. De longs mois de négociations
ont fini par abîmer le climat social dans son entreprise. Les salariés
qui voulaient 22 jours de congés supplémentaires n'en obtiendront que 12 et n'ont
de cesse depuis de revendiquer ces 10 jours perdues. Pour eux, le patron convivial
que j'étais a trahi. L'atmosphère est détestable regrette ce dirigeant. Pour
autant, il reste persuadé du bien fondé de la réduction et attribue ses difficultés
à un manque de communication : je suis convaincu que les entreprises qui ne
seront pas passées aux 35 heures auront de graves problèmes de recrutement
confie-t-il au Figaro. | |
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Changement d'époque Et
ils sont nombreux à penser comme lui. Au delà de l'obligation légale, les entreprises
devront très vite passer aux 35 heures si elles ne veulent pas connaître une hémorragie
salariale. Le quotidien a rencontré Jean-Louis Birien, consultant. Il est catégorique
: celles qui ne se mettront pas au pas très vite risquent le dépôt de bilan
avec des carnets de commande remplis et des ateliers vides car les jeunes embauchés
recherchent désormais des emplois dans des entreprises qui appliquent intelligemment
les 35 heures. RTT, nouvelle revendication du personnel ? Lors des entretiens
d'embauche, ils sont de plus en plus nombreux à interroger le recruteur sur le
mode d'application des 35 heures, constate Stéphane Velay PDG de Lorenz Bahlsen
Snacks France. C'est que la conception du travail a radicalement changé et sa
réduction accélère la prise de conscience des employés. La priorité, n'est
plus l'entreprise, continue Stéphane Velay, mais la qualité de vie à l'extérieur.
Ce que confirme Gérard Filoche, inspecteur du travail, qui note la réhabilitation
de la pointeuse chez les cadres Ils sont de plus en plus nombreux à avoir compris
que la pointeuse qu'ils ont longtemps tourné en dérision était désormais, leur
meilleur alliée. | |
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Emmanuel
Maistre | |