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Le socialement responsable déferle sur l'Europe
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Pas une semaine sans que la presse, les investisseurs, les institutions, n'évoquent le sujet. Le socialement correct a quitté la côte américaine pour le vieux continent. Dans son édition du 26 novembre, le quotidien Le monde interroge ce phénomène : mythe ou réalité ?

Mardi 26 et mercredi 27 novembre 2001, se tenait à Bruxelles la première conférence sur la place de la responsabilité sociale des entreprises dans l'agenda de la politique sociale européenne. La présidence belge de l'Union a voulu réunir plus de 1000 participants pour développer la qualité des outils et des pratiques existantes; initier un processus de convergence européenne entre les démarches de terrain et tracer des pistes de partenariat entre les entreprises, grandes et petites, les travailleurs, les partenaires sociaux, les ONG, les chercheurs, les gouvernements et administrations. Cette rencontre, démontre une nouvelle fois combien le socialement responsable s'enracine mois après mois dans les m.Surs économiques du vieux continent et désormais dans ses institutions.


 
  
Une exigence impossible à ignorer

Presse, sites Internet, cabinets financiers, entreprises, classements, ... il ne passe pas une semaine sans que la problématique du développement durable de l'entreprise ne fasse l'actualité. Jusqu'au Medef (Mouvement des entreprises de France) qui a annoncé son souhait de créer un carrefour des entrepreneurs en développement durable, sorte de forum permanent qui fonctionnera comme un retour d'expérience collectif précise Denis Kessler, numéro deux du mouvement patronal. Dans son édition du lundi 27 novembre, Le monde revient longuement sur cet engouement et tente d'en comprendre les enjeux et d'en évaluer la réalité.
Les entreprises sont en effet à la recherche de nouvelles formes de régulation afin de mieux répondre à la contestation actuelle dont les formes, elles aussi, se modifient : courants anti-mondialisation, boycottage, activisme actionnarial note le quotidien. Mais la pression de la rue ne peut pas à elle seule expliquer ce nouvel intérêt des sociétés européennes. Observatoires et autres cabinets d'audits quadrillent de plus en plus le terrain et occupent l'espace médiatique. Le monde publiait, avec son dossier, le classement 2001 Arese, des entreprises française les plus responsables. Où on retrouve Carrefour et Danone...


 
  
L'entreprise législatrice

Avec le socialement responsable les entreprises sont de plus en plus nombreuse à se parer de chartes et autres déclaration d'intention : éthiques, codes de conduites, elles permettent dans les pays d'Europe où la législation sociale est encore en friche comme en Grande Bretagne ou en Irlande, d'assurer un minimum syndical. Elles permettent bien souvent également de s'engager sur la voie des principes définis par l'Organisation Internationale du travail : refus du travail des enfants (dans l'unité de production, comme chez les fournisseurs), etc... Mais, souligne Le monde, la multiplication des législations internes propres à chaque entreprise contribue à la mise en place d'un droit privé. Mireille Delmas Marty, professeur de droit à Paris I, signale le danger de cette pratique qui pourrait tendre, à terme, à transformer le chef d'entreprise en législateur, policier et juge, au mépris de la plus élémentaire séparation des pouvoirs.

 
  
La loi au secours de l'argent propre

Les bonnes intentions s'affichent aussi chez les financiers. Si les 49 fonds éthiques français ne réunissent que 0,1% de l'épargne collective, de nouvelles législations devraient accroître leur poids. Deux lois pourraient amplifier le phénomène dans le monde de l'épargne : celle sur l'épargne salariale qui impose aux gestionnaires de préciser les considérations sociales, environnementales ou éthiques que doit respecter la société de gestion dans l'achat ou la vente des titres, ainsi que dans l'exercice des droits qui leurs sont attaché ; et celle (de même nature), sur la constitution du fonds de réserve des retraites. Soit, des centaines de milliards de francs en perspective. Mais pour l'instant rappelle Le monde, les fonds éthiques vivent sur une bulle. Les financiers en créant ce type de fonds ont anticipé le phénomène américain avec l'espoir qu'il atteindra la France. Seul l'avenir dira si le pari valait le coup d'être tenu.

 
  
En savoir plus...

Lisez le dossier du Monde Le socialement correct (é)talonne les entreprises.

 
  
Emmanuel Maistre