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Ce que le e-learning va (vraiment) vous apporter
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Simple gadget techno ou révolution véritable des méthodes de formation... pour les salariés comme pour l'entreprise ? Pas évident d'y voir clair dans le foisonnement d'une offre souvent immature, un marché encore bien opaque et une demande bien peu informée. Et pourtant la formation en ligne peut libérer des contraintes liées au temps et lieux imposés. Cette liberté a un prix : une méthodologie particulièrement performante prévoyant un accompagnement humain de grande qualité pour éviter les dangers de la robotisation. Voici donc tout ce que vous devez savoir sur ce sujet à la mode.



Le e-learning, pour quoi faire ?

La solitude de l'apprenant en ligne

Pierre Raiman : Le e-learning manque encore d'interactivité!

Les adresses


Le e-learning, pour quoi faire ?


Dix heures du matin : entre ordinateurs et paper board, une dizaine de cueilleurs de France Champignons font une pause. Café et biscuits accompagnent plaisanteries avec les formateurs. Une fois par semaine, ces ouvriers abandonnent leur lampe frontale et rejoignent le centre de ressource de la CCI (chambre du commerce et de l'industrie), au soleil saumurois. Au programme, expression écrite, connaissance de l'entreprise, mathématique... et développement personnel. Le tout les yeux rivés sur leur écran et les mains au clavier.

Deux ans, déjà, que cette PME de 3700 salariés utilise le e-learning pour former son personnel le moins qualifié. Nous avons fait appel à l'outil informatique en raison du niveau très disparate de nos ouvriers. Jusqu'ici tous nos plans de formation étaient des échecs, ils ne permettaient pas une gestion individualisée des cas explique Thierry Clouard, responsable de la formation . Très vite, le succès de cette formule s'est imposé.
Chantal et Danièle ne manqueraient pour rien au monde leur séance du vendredi. Après plus de dix années de cueille le programme e-learning leur a ouvert de nouveaux horizons. On vient même pendant les vacances s'amusent-elles. Les ordinateurs ont très vite séduit les apprenants. L'utilisation de l'informatique a permis de décomplexer une population peu qualifiée et bien souvent en échec scolaire fait remarquer Mariéta Lucas responsable informatique et chef de projet à la CCI de Saumur. On les met en situation de formation avec un autre outil, un autre mode d'enseignement que celui, plus scolaire, plus doctoral qui les avaient mis en échec. Ils se sentent valorisés par l'utilisation de la machine.

Pour autant, la formation ne se limite pas aux seuls cd-rom. A chaque début de séance le groupe se réunit autour du paper board pour écouter les consignes du formateur et faire en commun quelques exercices sur papier. Heureusement ! s'exclame Danièle, ça nous évite de bloquer tout seul devant l'ordinateur par la suite. S'il sait corriger, l'ordinateur est incapable d'expliquer.


Tous les salariés y goûteront !
Comme les employés de France Champignons, chaque année, plus de 10 millions de salariés français entreprennent une formation en entreprise. Ils seront de plus en plus nombreux à le faire grâce au e-learning dans les mois à venir. Aux Etats-Unis, où il est né, plus de 60% des dépenses de formation lui sont déjà consacrées. Ce qui va générer 10 milliards de dollars de chiffre d'affaire d'ici 2002. En France, à cette date, il représentera seulement 12% des dépenses ( International Data Corporation ). Mais le marché devrait connaître une progression de 41,7% au cours des 5 prochaines années passant ainsi de 200 millions de francs en 1998 à 1,6 milliard en 2004.

Tendance lourde. Dans une économie de savoir où le capital est avant tout humain, les entreprises ont de plus en plus besoin de former leurs salariés et de moins en moins de temps à y consacrer. En outre, elles sont souvent fort peu désireuses de les voir quitter une semaine ou plus leurs bureaux. Solution envisagée ? La dernière enquête d'Andersen Consulting révèle l'intérêt croissant des dirigeants pour le e-learning : 70% y voient un moyen de réaliser des économies sur le transport et l'hébergement des stagiaires, et 80% une issue pour gagner du temps. Et les marchands du temple se multiplient. Organismes de formation, comme la CEGOS, concepteurs de plate-formes comme Docent, et producteurs de jeux vidéo comme Montparnasse Multimédia proposent leur e-solution. Du portail intranet, au cd rom en passant par le site Internet, le e-learning se cherche, le e-learning vous cherche.


Se former plus vite... le juste à temps - juste assez
Le e-learning n'est pas une méthode pour former les gens. Son but est d'abord de générer des avantages compétitifs. Et l'avantage compétitif ultime aujourd'hui, c'est d'apprendre plus vite que ses concurrents ! insiste Philippe Delanghe, directeur général du principal fournisseur de plate-formes e-learning (Docent France). Nous avons mis au point avec un laboratoire de pharmacie, un système de formation initiale des visiteurs médicaux. Le temps de formation est passé de deux mois à trois semaines, soit cinq semaines de gagné.

La valeur ajoutée du e-learning réside pour l'entreprise dans la frappe chirurgicale de formation qu'il permet.
Et pour le salarié ? Il ne perd plus son temps à apprendre des données qu'il maîtrise déjà ou dont il n'a nullement besoin pour sa fonction. Terminé les séances à bayer aux corneilles et à attendre que l'heure passe pour le cours suivant, celui qui intéresse.
Mais attention aux excès ! Aux Etats-Unis, la société Nike a poussé ce principe de granularité (dispenser juste ce qu'il faut au bon moment) à son paroxysme en équipant chacun de ses commerciaux de Palm Pilot. Avant chaque rendez-vous, les employés reçoivent instructions et messages à faire passer auprès du client prospecté. A temps, certes, mais est-ce véritablement assez ?


...et à son rythme
Dans une formation traditionnelle, le rythme est donné par le professeur, en e-learning, c'est l'utilisateur qui inculque sa cadence note Christian Comtat, directeur de la e-formation d'IBM France/Luxembourg. Les apprenants de la firme internationale peuvent se connecter à tout moment sur le portail intranet de leur compagnie et accéder à leur parcours de formation individualisé. Ceci, aussi bien lors de temps libre à l'intérieur de leur temps de travail que de chez eux. Ils ont une totale autonomie.

Cette autonomie, les élèves distants de la Chambre nationale des arts et métiers de Versailles la plébiscitent. Depuis 1995, leur nombre n'a cessé de s'accroître. Salariés, enseignants, commerçants, ils sont aujourd'hui 1400 répartis à travers toute la France à se connecter sur le site Internet de la Chambre des Yvelines pour récupérer exercices et enseignements. Les inscriptions, possibles toutes l'année, ne contingentent plus l'apprenant au rythme scolaire. Notre taux de réussite en e-learning est plus élevé qu'en salle de classe ! lâche, enthousiaste, René Bodin, responsable de la formation.


Une pédagogie à inventer
Suivre une formation à distance nécessite de la part du salarié plus de rigueur, de volonté, de motivation et d'organisation insiste Christian Comtat. Chez IBM, pourtant composée essentiellement de cadres, la pilule e-learning a parfois du mal à passer. Les collaborateurs ne viennent pas spontanément dans une formation à distance. Et une fois engagés il faut déployer des trésors de pédagogie pour les y maintenir jusqu'au bout et empêcher que d'autonomes ils deviennent solitaire pour finalement abandonner.

A cette fin, chaque pays d'implantation de la firme possède des knowledge factory responsables de la production de contenus adaptés à chaque culture spécifique (seize en tout dont neuf en Europe et une en France). Si on ne compte que sur le côté sexy et agréable du produit, on court à l'échec. L'employé doit avoir une parfaite visibilité des objectifs de sa formation et les enseignements faire preuve d'interactivité ... voir de simulation. En formation Ressources Humaines les salariés d'IBM France, apprennent le métier sur simulateur de coaching. A partir d'un scénario, l'élève est amené à prendre des décisions, distiller des conseils dont il va pouvoir évaluer immédiatement l'efficacité sur les traits du visages du coaché représenté à l'écran. Parce que le caractère ludique est essentiel voir obligatoire pour que l'apprenant reste actif. Cela fait partie de la pédagogie électronique conclue Christian Comtat.


Un e-learning, à deux vitesses
Pour être efficace un e-cours ne peut pas se contenter de retranscrire des enseignements papiers au format électronique. Il implique un dispositif complexe qui fait appel à un panel de compétences extrêmement large. Au professeur ou formateur s'ajoute toute une équipe d'experts techniques, graphistes, directeurs artistiques, chef de projet... proche du dispositif de production de jeux vidéo. Les coûts sont si élevés que Rhodia envisagerait de revendre une partie de ses contenus développés en interne à d'autres sociétés. Selon Christian Comtat, la charge financière d'un cours à distance est multipliée par dix. Quatre cent milles francs, c'est le tarif d'une heure de programme de simulation chez Millenium (filiale d'Accenture).

La mise initiale reste extrêmement élevée et le retour sur investissement difficile voir impossible à calculer (personne ne s'y est risqué jusqu'ici). Dans ces conditions, difficile pour une PME de faire développer ses propres programmes. Pour être rentable, la e-formation nécessite de jouer sur les lois d'échelle en amortissant ces investissements sur le plus grand nombre. Dès lors, petites et moyennes entreprises se contentent le plus souvent, d' un site Internet du type Onlineformapro, auquel les salariés ont accès par abonnement. Selon les services et le nombre de formés les tarifs varient de 120 f à 10 f par apprenant.
Entreprises comme particuliers consomment des modules de formation à la bureautique. Les cours se résumant à des programmes d'entraînement sur logiciel virtuel (au format flash) agrémentés de QCM et d'exercices. L'offre et la pédagogie sont ici extrêmement limitées. Malgré tout, l'apprenant peut à tout moment (par l'intermédiaire du mail, forum ou chat) faire appel à un tuteur qui le guidera dans son apprentissage.


Le formateur est mort, vive le tuteur !
Qu'on soit riche ou pauvre, la figure du tuteur s'est imposée en France comme une évidence. Le mythe américain de l'autoformé (uniquement par l'ordinateur) n'a pas résisté à la culture hexagonale. L'autoformation dérive d'une tradition du self-made man que nous n'avons pas analyse Valérie Hellouin chargée de mission au Centre Inffo.
Connecté en même temps que l'apprenant (formation synchrone) ou en différé, par chat, par mail ou par caméra vidéo, le tuteur remplace le formateur. Mais sa fonction n'est pas exactement similaire car l'apprenant est devenu l'acteur central de la formation. Sa première mission est désormais le suivi de l'élève et la réponse à ses interrogations. Fini le face à face, il joue le rôle d'un médiateur entre l'écran et l'apprenant.
Pour autant, sa fonction est indispensable souligne Sandrine Vanderlekem, qui regrette qu'au CNAM de Versailles où elle prépare un diplôme d'ingénieurs, les tuteurs n'aient que peu d'importance.


Quid de la salle de classe ?
Pas plus qu'il ne sonne la fin de l'enseignant, le e-learning ne signifie la disparition des présentiels (e-terme pour désigner une salle de classe). L'observatoire des ressources pour la formation (ORAVEP) constate que les dispositifs mis en place par les entreprises ne se contentent quasiment jamais des seuls enseignements en ligne. Chez IBM on mixe bien souvent les deux en vue de mettre au même niveau un groupe amené à suivre un cours en salle.

Sans compter que la e-formation ne s'adapte pas à tous les enseignements. C'est tout à fait approprié pour le savoir, le savoir faire mais aucunement pour le savoir être rappelle, Philippe Delanghe. Dans un sondage effectué auprès de 800 de ses adhérents, le Groupement des animateurs et responsables de formation (GARF) constate lui aussi que l'apprentissage en ligne convient à la bureautique et aux langues mais qu'il a encore du mal à se plier aux métiers et cultures d'entreprises.
Même son de cloche aux laboratoires Boiron où la responsable de la formation, Christine Place, a étudié la question pour sa société. La notion d'échange fait partie de notre culture d'entreprise. Avec le e-learning, on perd tout ce qui est questionnement du groupe, de la classe. La compétence des dialogues qui fait qu'on va rebondir d'un fait à l'autre et enrichir l'assemblée. Toute cette connaissance non palpable. La fin des salles de cours n'est pas encore pour demain.




Les mots clefs de la e-formation
(définitions librement inspirées de l'étude d'Andersen consulting et du Journal du net )

Computer-based training (CBT) : Dispositif dans lequel les cours sont délivrés via un ordinateur qui n'est connecté à aucun autre centre de ressources. Par exemple, la formation par CD-ROM.

Classe virtuelle : Nom donné au groupe formé par le tuteur et ses apprenants sur une session de formation en ligne.

e-learning : Programme de formation dispensé sur un ordinateur.

Formation synchrone ou en direct : Dans ce dispositif, les apprenants et le tuteur sont connectés simultanément. Ils peuvent communiquer en temps réel, soit par web-conférence, visioconférence ou encore chat. Peu souple dans le temps, elle nécessite des horaires de formation.

Formation asynchrone ou différée : la plus répandue. L'apprenant peut se connecter à tout moment et entrer en communication avec le tuteur par mail ou forum.

Formation en présentielle : la bonne vieille formation en salle selon un mode magistral comme autrefois.

Plate-forme : Dispositif de diffusion de contenus électroniques. Elle permet d'accéder au cours, de gérer les parcours de formation et de les évaluer.

Tuteur : Formateur, il fixe les objectifs pédagogiques, la composition de menus de formation, le suivi des apprenants. Eventuellement, il répond aux questions.

Web-based training (WBT) : les cours sont, ici, dispensés par un ordinateur relié à un intranet (accessibilité limitée au personnel de l'entreprise) à un extranet (accès élargi à des personnes extérieures) ou à Internet. Ces différents liens permettent l'accès à des ressources supplémentaires, outre celles du programme de formation, comme le e-mail ou les forums de discussion.


 
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L'INTERVIEW :
Pierre Raiman : Le e-learning manque encore d'interactivité! -
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Zoom - La solitude de l'apprenant en ligne


Depuis 1995, la Chambre nationale des arts et métiers forme des centaines de salariés, indépendants, commerçants par e-learning. Témoignages.

Renée Pilard a commencé prudemment son apprentissage en ligne. Une petite unité de valeur informatique parce qu'elle ne savait pas ce qui l'attendait. Mais le e-learning m'a séduite rapidement. Depuis le temps que je rêvais de faire le CNAM, je pouvais enfin suivre les cours où je voulais, quand je voulais. A 30 ans, cette technicienne informatique s'achemine aujourd'hui, à son rythme, vers le diplôme d'ingénieur. A Rennes, où elle vit, elle profite chaque semaine des enseignements dispensés depuis ... Versailles à des centaines de kilomètres de là. Je télécharge les cours enregistrés et les fichiers powerpoint au bureau et je travaille le tout chez moi. Mais c'est pas évident de se motiver seule devant sa machine. Faut lutter pour pas s'endormir avec son casque.
C'est certain que le e-learning demande une motivation plus forte qu'un enseignement en présentiel pointe Sandrine Vanderlekem, d'un ton volontaire. La jeune salariée de Thomson a obtenu le tiers de son diplôme d'ingénieur informatique en ligne. Ce système m'a permis de concilier vie professionnelle et personnelle avec un enfant en bas-age. Au prix de séances de travail régulières de 22h à 2h du matin.Le plus dur ? le manque de contact. Il y avait bien un forum prévu sur l'interface du CNAM : il n'était jamais animé. De dépit, elle crée son propre forum afin d'échanger avec les autres élèves et mieux suivre les cours. Succès total : les étudiants du présentiel viendront s'y connecter.
De Perpignan, André Balland a préféré s'inscrire au CNAM local pour contrer la solitude du e-apprenant. J'y étudie les mathématiques et les algorithmes dont je n'ai pas forcément besoin. Mais au moins, là, j'y rencontre du monde.



 
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L'INTERVIEW :
Pierre Raiman : Le e-learning manque encore d'interactivité! -
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Pierre Raiman : Le e-learning manque encore d'interactivité!


Président et fondateur de Montparnasse Multimédia Pierre Raiman est spécialisé dans l'édition de cd-rom culturel interactif (dont La visite virtuelle du Louvre) . Il oriente aujourd'hui ses recherches (et son commerce) vers le e-learning.

Job-Attitude : L'offre actuelle de e-learning : véritable révolution ou mode ?
     Pierre Raiman : Cette offre se cherche. En y regardant de près, elle est assez modeste car peu diversifiée. De façon générale, il y a encore un manque d'adaptation de la pédagogie aux nouvelles technologies. L'écart est trop grand entre l'offre et la demande.
Pourquoi ?
Il y a deux raisons. D'une part, le e-learning actuel n'utilise pas assez les potentialités de l'interactivité. C'est bien souvent trop statique, trop cantonné à des bibliothèques de cours en format html (page web). D'autre part, il n'existe pas de lien entre la teneur de la formation et cette intéractivité. Par exemple, le parcours pédagogique reste beaucoup trop linéaire, incapable d'évolution. L'apprenant ne participe pas à la conception de son parcours, il se voit imposer une offre pré-machée.

J. A. : Dans l'avenir l'apprenant devrait donc participer davantage?

     P.R. : Oui. Une des promesse de cette technologie qui me semble primordiale est que l'apprenant puisse concevoir son parcours de formation grâce à un dialogue avec la machine. Aujourd'hui, l'élève se ballade dans une bibliothèque virtuelle dans laquelle on le guide pour qu'il aille de livres en livres et dans ces livres de chapitres en chapitres, le tout agrémenté de -tests. On ne peut pas s'en satisfaire. Un parcours se doit d'être personnalisé. Un cours de finance en ligne ne peut s'adresser de la même manière à un journaliste et à un chef d'entreprise. Chacun a des attentes...différentes. Dans ce cadre, nous expérimentons avec l'université Paris VIII un nouveau mode d'intelligence e-learning baptisée GIC - Guide Intelligent Comportemental. Le système sera capable d'analyser votre comportement face à un contenu pédagogique, une page de cours à l'écran par exemple et de là, il déduira des éléments sur votre capacité à ingurgiter l'information. En fonction du temps passé sur la page, de votre façon de scroller sur l'écran, il vous proposera tel ou tel module, telle ou telle orientation.

J. A. : Est-ce la fin de l'enseignant?

     P.R. : Non. Je pense que par le biais d'un tuteur ou d'un mentor cette technique de formation nécessite une présence humaine. Mais, on doit apprendre aux machines à faire les tâches de base. L'intêret est de réserver à l'enseignant des fonctions qui relèvent de la pédagogie, de l'explication et le décharger de ses missions de contrôle et d'orientation.

J. A. : Quand on pense à l'avenir, on imagine des jeux de simulation...
P.R. : La technique a toujours suscité des fantasmes !. On rêve de jeux d'apprentissages tels Sim-City (jeux vidéo dans lequel le joueur organise le développement d'une ville), mais cela reste extrêmement cher à développer. Je n'ai pas encore vu de produits convaincants dans ce domaine. L'avenir de la e-formation réside avant tout dans l'interactivité. Celle-ci elle doit être présente à toutes les étapes, de la création à la diffusion de l'enseignement à distance. Pour la conception d'un cours électronique vous pouvez, récupérer des enseignements polycopiés et les scanner comme tels. Mais la vraie solution est dans la constitution d'une équipe d'informaticiens et de pédagogues qui rencontrent les enseignants et travaillent ensemble à la question principale : comment faire pour modéliser et transmettre ces savoirs. La première interactivité se joue là.


Dossier réalisé par Emmanuel Maistre
 
 
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