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S'investir dans le non profit business
 
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Avec une moyenne de 44 heures de travail hebdomadaire, les salariés n'avaient guère de temps à consacrer aux autres par le biais du caritatif ou à l'humanitaire. La réduction du temps de travail, augmentant le nombre de jours de congés annuels, ouvre de nouvelles perspectives. Plutôt que de biner son jardin, pourquoi ne pas donner dans l'altruisme ?



Un enrichissement humain et professionnel

Eugénie Hammel, directrice d'Autre monde

François Launay : "Le congé solidaire m'a transformé"

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Un enrichissement humain et professionnel


Nombre d'organisations non gouvernementales et d'associations sont à l'affût de toute personne qualifiée. Non contente d'être humainement enrichissante, l'expérience peut aussi se transformer en " plus " professionnel : elle permet, entre autres, de développer son portefeuille de compétences, de renforcer sa capacité à travailler en équipe, de se remotiver &

On aurait pu croire que les salariés, stressés par leur rythme de vie et leurs responsabilités, voudraient consacrer le temps dégagé par les 35 heures à entretenir leur petit chez soi. Qu'ils profiteraient égoïstement de la réduction du temps de travail pour s'occuper de leurs enfants ou de leur santé. Erreur. Selon un sondage Ipsos, publié en décembre par le quotidien Libération, 46 % des personnes interrogées souhaitent utiliser la RTT pour " s'engager dans des associations, des actions bénévoles ".
Une nouvelle qui, bien sûr, réjouit les responsables de ces associations : " C'est encore un peu frais, mais j'en ai l'intime conviction : les 35 heures permettront de s'investir sans sacrifier le temps de vacances en famille, estime Hervé Dubois, président de l'association Atlas logistique, qui assure depuis 1993 la logistique de plusieurs ONG. Avec 6 ou 7 semaines de vacances, ils pourront donner 15 jours à l'humanitaire, chose impensable jusque-là. "

Humanitaire sur mesure

En matière de bénévolat, le " responsable " est fort recherché. Communication, logistique, informatique, ressources humaines & ONG et associations sont à l'affût. " Il y a une grosse demande de personnes qualifiées pour certains postes à responsabilités". explique Kléber Clémenceau, consultant à l'Association pour l'emploi des cadres (Apec). C'est là que le cadre est attendu, avec son expérience, sa capacité à organiser. " Problème : son agenda ne lui permet généralement pas de donner plus de quelques heures par semaine. " En France, nombre de gens souhaiteraient être acteurs, mais n'ont pas le temps, diagnostique Hervé Dubois. Quant aux entreprises, elles se disent plus solidaires et plus concernées. Donc, on s'est dit : il faut adapter l'humanitaire au profil des nouveaux coopérants, leur permettre d'exprimer leur générosité en fonction de leur emploi du temps. " L'association Atlas logistique a ainsi créé le "congé solidaire". Celui-ci permet au salarié de partir sur le terrain, pendant ses congés payés, son entreprise participant aux frais de déplacement. "Autant que les congés supplémentaires dégagés par la RTT soient utiles ", estime le président d'Atlas logistique.

La demande, donc, existe. Mais l'offre pourrait bien se développer. S'investir dans l'humanitaire, ce n'est pas seulement "aider l'autre". D'après Kléber Clémenceau, le salarié qui participe à de telles actions peut en attendre un "retour sur investissement". " Certains postes sur le terrain sont très formateurs, explique David Vicquery, assistant ressources humaines chez MSF. Par exemple, les ressources humaines, activité classique, se doublent chez nous du recrutement, de la formation sur le terrain, très particulière, et d'un aspect "travail dans l'urgence" qu'on ne trouve pas partout. "
Le bénévolat se révèle également une excellente école pour le travail collectif. " Certes, un cadre supérieur en informatique n'apprendra rien en allant expliquer l'informatique dans un village africain, estime Hervé Dubois. Mais il apprendra à comprendre les différences humaines. C'est évidemment bénéfique pour le management d'une équipe. " Le président d'Atlas logistique l'assure : le bénéfice se mesure aussi en termes de motivation. " Les personnes reviennent avec une pêche nouvelle, liée à cette action revalorisante. Ils rentrent tous gonflés à bloc. "

" D'autres valeurs que celles du marketing "

Soucieuses de soigner leur communication, de réinvestir leurs bénéfices et de permettre à leurs salariés de se mettre en valeur, quelques grosses entreprises ont créé leurs propres structures. Comme EDF-GDF, AXA, Générale des Eaux, Club Med et bien d'autres. Autant d'initiatives mises en valeur par la RTT. " Certains bénévoles ont pris 15 jours sur le temps de vacances dégagé par les 35 heures pour partir au Mali raconte Constance Nora, déléguée générale de la Fondation Club Med, qui implique les salariés dans des actions en France et à l'étranger. " Cela permet de créer un réseau parallèle à l'entreprise, avec d'autres valeurs que celles du marketing et de la production. "
Au-delà de l'expérience, il existe une autre motivation. Nettement plus personnelle. " Certains cadres se posent la question : "Est ce que l'argent est tout ce qui compte pour moi? "", constate Kléber Clémenceau. S'investir dans le caritatif permet de s'extraire d'une logique de profit routinière, mais souvent peu épanouissante. Anciennement cadre aux ressources humaines de Cegetel, Eugénie Hammel dirige aujourd'hui l'association Autre Monde. Une reconversion radicale. " Avant, je gérais des contrats de travail. Ici, je m'occupe des conditions de vie des gens. Les SDF, le développement des pays du Sud sont des enjeux autrement plus cruciaux. En fait, ce que je fais ici a plus de sens."

David Revault d'Allonnes (©Zelig)


 
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Zoom - Eugénie Hammel, directrice d'Autre monde

''Les 35 heures vont susciter des vocations''

Eugénie Hammel, 28 ans, est diplômée de l'Institut d'Etudes politiques (IEP) de Paris. Elle a travaillé 18 mois à la direction des ressources humaines de Cegetel avant de devenir directrice générale de l'association Autre Monde. " Le bénévolat est moins une question de temps que de motivation ", estime-t-elle. " Les 35 heures vont influencer des gens déjà mûrs pour franchir le pas. " Le temps consacré à l'humanitaire est- il convertible sur le plan professionnel ? " L'expérience dans de petites structures non professionnelles est difficile à valoriser. En revanche, des gens qui y auront bossé pour les grosses structures, organisées comme des entreprises, peuvent intéresser les entreprises. "
L'humanitaire, pour elle, développe surtout le sens du travail en équipe. " On croise des gens extrêmement différents, avec lesquels ont est tenus de s'entendre, quels qu'ils soient. On doit s'adapter, pour réussir à travailler en équipe. Dans l'humanitaire, on ne peut pas travailler individuellement. On poursuit un but commun. "

                                                                                      D.R.A.



 
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François Launay : "Le congé solidaire m'a transformé"


Ingénieur, François Launay, 29 ans, dirige une équipe de six personnes chez un grand constructeur automobile. La pratique du "congé solidaire" lui permet de mener de front travail en entreprise et bénévolat.


Comment en êtes-vous venu à l'humanitaire ?

    
" Le déclic a été un déplacement professionnel à Sarajevo après la guerre. Je me suis baladé dans la ville en ruines et j'ai eu envie d'aider les gens. En revenant en France, je suis tombé sur le site d'une association, qui m'a proposé un "congé solidaire" de quinze jours. Je suis spécialiste de bureautique, j'avais l'habitude d'encadrer... Je suis parti au Mali former des cadres en informatique pour le compte d'ONG locales. "

N'est-il pas difficile de mener de front travail en entreprise et bénévolat ?

    
"Ca n'interfère pas trop. Je fais toujours 39 heures de travail effectif par semaine. Les 35 heures se sont traduites par des jours de congé supplémentaires, que j'utilise pour le bénévolat. Mais c'est vrai que l'humanitaire prend énormément de temps : on se couche plus tard le soir... "

Quel bénéfice professionnel avez-vous retiré de votre expérience ?

    
" Professionnellement, l'humanitaire ne m'apporte rien. Du moins, directement. Par contre humainement, ça m'apporte énormément. J'ai rencontré des gens que je n'ai pas l'habitude de voir dans le cadre de mon travail. Je me sens plus responsable. Je suis même en train de réfléchir à une carrière professionnelle dans l'humanitaire. Le mois prochain, je deviens logisticien, un profil attrayant pour les ONG. Mais je n'ai pas non plus envie de couper complètement avec le milieu professionnel, car on y apprend à optimiser. L'efficacité est essentielle dans le monde du travail. Alors que dans l'humanitaire, les objectifs sont nettement moins rationnels. "

                                                                                                      Propos recueillis par D.R.A.
 
 
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ADRESSES ET INFO UTILES

Pas facile de se retrouver dans le dédale des ONG et des associations humanitaires ou caritatives. Il en existe en effet plusieurs centaines, de la petite association à la multinationale de l'humanitaire. Leurs chantiers sont divers: pays en développement, aide aux SDF, alphabétisation, insertion des délinquants & Des tâches administratives à celles de terrain, les activités proposées sont tout aussi variées. Petit tour d'horizon des principales organisations. D.R.A.

Ibiscus : sans doute le meilleur site d'information sur les différents organismes d'aide internationale, avec classement par thème et par activités, banques de données… Très complet. www.ibiscus.fr

Il n'existe aucun site web recensant tous les organismes agissant au plan national. Un magazine évoque en revanche les initiatives : ASH (Actualité sociale hebdomadaire) , disponible par correspondance au 1, avenue Edouard Belin, 92856 Rueil-Malmaison Cedex. Tél. 01 44 89 94 50.

Conseil national de la Vie Associative : 35, rue Saint-Dominique 75007 PARIS ; 01 42 75 87 00 www.vie-associative.gouv.fr

MDM (Médecins du monde) : 62, rue Marcadet 75018 Paris ; 01 44 92 15 15 www.medecinsdumonde.org

MSF (Médecins sans frontières) : 8, rue Saint-Sabin 75011 Paris 01 40 21 29 29 www.paris.msf.org

Restaurants du cœur , 8 rue d'Athènes ; 75009 Paris 01 53 32 23 23 www.terra.fr/restos/

Autre monde : 29, rue merlin 75011 Paris ; 01 43 14 96 87

Caritas France : 106, rue du bac 75341 Paris Cedex ; 07 01 45 49 73 00 www.secours-catholique.asso.fr

Secours populaire français : 9, rue Froissart 75003 Paris ; 01 44 78 21 00 www.secourspopulaire.asso.fr

Croix rouge : 1, rue Henry Dunant 75 008 Paris, 01 44 43 11 00 www.croix-rouge.fr

ATD Quart-Monde : 95480 Pierrelaye www.atd-quartmonde.org/

Association française des volontaires du progrès - BP 207 91311 Montlhéry Cedex ; 01 69 80 58 58

Atlas Logistique - 78, Avenue de la République, 75011 PARIS.
Les créateurs du Congé Solidaire : www.congesolidaire.org

 
 

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